[37] Memories and Dust

 Memories and Dust
Le silence devint pesant entre les deux hommes qui ne se regardent pas et qui auraient aimé ne pas se toucher. L'un a la tête enfouit dans ses mains, l'autre regarde sa montre et pense à la pause café qu'il vient juste de manquer –dommage il aurait bien aimé revoir Suzanne et sa jolie blouse blanche transparente. N'y tenant plus, il se racla la gorge.

- Hum jeune homme...
- ...
- Vous savez, ça serait bien que vous nous disiez comment ça s'est vraiment passé, maintenant. Cela pourrait nous aider à mieux comprendre son état.

Ismaël releva lentement, très lentement la tête, comme si tout le poids du monde lui était tombé sur les épaules en une nuit, comme si se souvenir était aussi douloureux. Il tourna la tête à l'opposé de ce visage qui attendait avidement son récit comme un enfant espère l'histoire que ses parents lui raconteront avant de s'endormir. Il fixa un point loin devant lui et cracha les mots comme pour bien signifier l'effort qu'il fournissait à faire ressortir ce souvenir de sa mémoire. Il lui dit alors sa course affolée après la disparition -il passa sur la vulnérabilité la plus extrême parce que ce médecin n'y comprendrait rien- il lui raconta les cris -il passa sur le fait que c'était les siens et qu'il s'en était arraché les cordes vocales à l'appeler- il dit la chute sur le sable -il passa sur l'impossibilité, la paralysie, la torture- il raconta les corps immobiles contre les vagues puissantes – il passa sur l'explosion, sur l'artifice parce que ça lui appartenait, ce pieux dans son c½ur- il dit la valse lente et tortueuse –il passa sur les étoiles et l'âme en perdition- puis il se tut.

Cela parut des heures au pied qui tapotait d'impatience sur le carrelage froid. Pour Ismaël c'était la halte qui le sauvait mais peut-être bien celle qui le mènerait aussi à sa propre perte. Il reprit d'une voix rauque comme s'il n'avait pas prononcé une parole depuis une décennie.

- J'ai perdu connaissance, je ne sais pas ce qu'il s'est passé ensuite, tout ce que je sais...
- ...Vous vous rendez compte tout de même de l'invraisemblance de ce que vous me dites ?

Il ignora son interruption et continua en enfonçant cette fois son regard dans celui de son interlocuteur. Le docteur, ce pantin factice, eut un frisson. Il crut pendant un instant y voir l'océan éclater. Il battit des paupières plusieurs fois, décontenancé, mais à présent la détresse et la rage clairsemaient ses pupilles. Entre les deux, qu'est ce qui était préférable ? Il n'en était plus si sûr.

- Tout ce que je sais c'est qu'à mon réveil, le soleil se levait sur une mer absolument calme, d'une tranquillité effrayante, d'un détachement parfaitement abject. Il n'y avait rien, personne, plus aucun son, plus aucun mouvement à part celui des ondes hypocrites de l'eau. J'ai tourné sur la plage comme un fauve en cage, mais aucune trace d'Art', je pensais que le corps aurait au moins été rejeté sur la rive si... Si... J'essayais toutefois d'espérer encore qu'elle se trouvait derrière un quelconque rocher noir, à dormir un peu en m'attendant. Je sais c'est absurde mais l'absurdité est réconfortante vous savez ?

Ce dernier pensait surtout que c'était cette histoire qui était absurde et qu'il avait sûrement affaire à un déséquilibré de plus. Cette fille aurait dû mourir noyée, voilà tout. A la place, le voilà avec un corps inutile sur les bras et un lit occupé de plus. Sans compter ce blondinet qui souffrait sans aucun doute de troubles psychiques dus au choc de l'accident. L'étage psychiatrique d'ailleurs ne désemplissait pas non plus, heureusement pour lui, il n'y travaillait pas.

- Non bien sûr vous ne savez pas... Qu'importe, c'est à ce moment-là que je l'ai vu. Je n'y croyais pas mes yeux mais elle était là. Son corps était posé là, tout là haut, sur le prolongement d'une falaise étroite et plutôt escarpée. Juste au bout, comme si une main géante l'y avait déposée. Je suis parvenu à l'atteindre, non sans égratignures comme vous le savez. J'ai touché son corps insensible et froid mais intact. Comment les vagues l'avaient propulsé si haut sans heurts ? Personne ne le saura, mais il y a des choses qu'on ne pourra jamais expliquer, vous savez. Elles arrivent et c'est comme ça. Alors, j'ai transporté son corps vers la terre, je l'ai secoué, appelé mais elle gardait les yeux clos, intolérablement clos. Sa poitrine n'émettait aucun mouvement, alors je me suis dépêché de faire un massage cardiaque et lui insuffler de l'air par le bouche à bouche. Ce que l'on peut être naïf dans de tels moments, n'est ce pas docteur ? Pourtant j'ai persévéré pendant près d'une demi heure, à bout de force, les yeux brouillés par mes larmes, j'ai finalement abandonné et me suis effondré sur elle. C'est à cet instant que sa poitrine s'est soulevée, délicatement, sans secousse comme si c'était la chose la plus naturelle au monde -de revenir à la vie. Cependant elle n'avait toujours pas repris conscience alors je l'ai prise dans mes bras et je l'ai amené ici. La suite... vous la connaissez.

Ismaël n'attendit même pas un quelconque assentiment, et encore moins un remerciement compatissant , qu'il se levait déjà sans un regard de plus et disparaissait par la porte en face de lui qu'il rejeta violemment derrière lui. Mais dans cet espace blanc, cotonneux et intouchable, rien ne claquait. Non, Ismaël, les portes ne claquent pas dans les hôpitaux, elles se referment juste sur ce qu'on ne veut pas voir.
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# Posté le samedi 18 juillet 2009 20:34

[36] Don't Give up on us

 Don’t Give up on us

- Alors c'est vrai ce qu'on dit ?
- Oui.
- Alors ça veut dire que ...
- Oui Charlen, ça veut dire que.

Sanglots.

- Resaisis-toi, bon sang. N'oublies pas ce que d'autres ont mis en jeu !
- Tu as raison. Comment...comment elle va ?
- Je ne sais pas. Je ne sais toujours pas.

Soupirs.

- Et elle...
- Non. Bien sûr que non !
- ...
- Putain !

Coups de poing. Et le mur s'ébranle. Si seulement Gabrielle était là, elle lui aurait croqué ses larmes avant qu'elles ne coulent. A ce moment précis où tout commence et que tout reste à faire.

- Monsieur ?
- Docteur !
- Vous êtes bien l'ami d' Art' Galinson?
- Oui oui !
- Et vous êtes ?
- Une..une amie.
- Bien... L'état de votre amie est stationnaire, elle est hors de danger...

Soulagements. Ismaël essuya ces quelques gouttes de trop. Charlen s'avança en lui prenant le bras comme si elle avait peur qu'il s'effondre d'un instant à l'autre.

- Mais ? Parce qu'il y a un mais, n'est-ce pas docteur ?
- Vous avez raison Mademoiselle. Il y a un mais.

Silence. On imagine jamais à quel point le silence peut nous entailler l'âme, là où tout est encore fragile. Charlen jeta des yeux inquiets sur le jeune homme qui avait blanchit à ses côtés et resserra son étreinte.

- On vous écoute.
- Tout danger a donc été écarté, cependant...

Comme les médecins sont sadiques, n'est ce pas Ismaël ? Ne t'inquiète plus, c'est bientôt la fin. Tout dépend bien évidemment du point de vue que tu attends.

- Cependant votre amie vient de plonger dans un coma profond et nul ne sait quand elle en sortira.
- ...
- Cela peut prendre quelques jours...quelques semaines... quelques mois...
- ...
- Et d'autres ne s'en réveillent jamais.

Oh celui-là il aime enfoncer les choses, tu ne trouves pas ? Après tout, au point où tu en es, il n'a peut-être pas tord. Il y a des gens comme ça tu sais, ils aiment taper fort, même si c'est cruel –surtout si c'est cruel. J'en sais quelque chose, tu vois.


Peu importe les bras, il y a longtemps que plus rien ne le retient Ismaël. Il s'écroule sur le siège qui lui a encore la chance de pouvoir s'accrocher au mur sans autre état d'âme. Le docteur, ce foutu docteur, s'assoit calmement à côté de lui et attend que le torrent coule en tapotant négligemment l'épaule du petit garçon suffocant à ses oreilles. Charlen ne se sent plus à l'aise, elle n'a jamais su où était vraiment sa place mais à la voir s'enfuir furtivement sans un mot pour reprendre ses fonctions d'hôtesse d'accueil dans ce maudit hôpital, elle cru comprendre cette fois où elle devait être.
Il n'y avait jamais eu de place pour ceux qui abandonnaient trop tôt.

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# Posté le vendredi 17 juillet 2009 22:28

[35] The Eve Of Destruction

 The Eve Of Destruction

Quand elle était petite, Art' s'amusait à lancer des sortilèges à la mer. Elle espérait de cette façon qu 'elle lui renverrait des vagues dans lesquelles elle aimait valser. Mais cette fois, si des montagnes d'eau lui faisaient face, elle n'en était pas responsable. C'était peut-être ça qui bloquait ses pieds, l'empêchant de tourbillonner comme avant, ou juste de se retourner vers la terre. Les yeux bien ouvert malgré l'écume qui la giflait régulièrement, elle observait la scène qui se déroulait devant elle. Danele avait lâché sa main. Depuis quand ? Art' avait l'impression que son amie flottait à quelques miles d'elle, assise sur une sorte de vieux radeau, les mains réunies dans une imploration fatale. D'où venait-il ? Autour d'elle, un vacarme assourdissant de cris, de chutes et de chocs la détournèrent de cette vision obsédante, comme si un naufrage avait vraiment lieu dans ses eaux troubles, à ses pieds, entre ses jambes qui ne bougent pas mais qui coulent, inlassablement. C'est à ce moment là qu'elle vit un navire à sa gauche, aussi clairement qu'elle sentait ses vibrations atteindre son corps inébranlable.

-Dan..'le ! Un...gl...un..

Le doigt pointée sur la jeune fille qui lui tournait le dos ne fut d'aucun recourt. Il semblait que personne n'entendait cette petite fille qui se noyait. Il semblait même qu'on l'avait abandonnée là dans un dessein inavouable. Le bateau, lui, semblait s'effondrer petit à petit bien qu'aucune charge ne parut l'ébranler, bien qu'il était l'unique symbole d'un salut oublié. Ses voiles se déchiraient, les mats pendaient si misérablement qu'ils se brisaient avec violence emmenant l'embarcation à sa perte sous un flot de plus en plus incertain. Dans quelques instants, il n'en faudrait pas beaucoup plus, Art' serait submergée. Ses cheveux se collaient à son visage comme pour l'empêcher de regarder dans les yeux sa propre fin. Alors elle les ferma-ses yeux- et sa tête, enfin, plongea dans l'obscurité glaciale.
Il n'y avait plus d'étoiles dans le ciel pensa pour la dernière fois Art' avant de s'évanouir dans le courant, la conscience damnée.

-ART' !
-...
-ART' !
-...
-AAAAA...

Et la voilà l'épave, la rédemption immémorée. Mais ne le vois-tu pas Ismaël ? Les étoiles dans le ciel ? Ne le vois-tu pas ? Elles sont éteintes, crois-tu encore que tu peux suivre les règles de ce jeu sans chavirer ?


A bout de souffle, il s'affala sur le sable étonnement brûlant, les paumes fumantes dirigées vers cet océan qui ne l'attendait plus. Danele était là, non loin de la rive, atone. Seule sa main droite se mouvait au dessus de la mer comme si elle essayait d'en faire sortir quelque chose dans l'agitation diffuse par quelques fils transparents. Il essaya de l'appeler, il réclama de toute ses forces son aimée mais rien ne se passa, à croire qu'aucun son n'était jamais sorti de cette bouche blanchie par le sel, le vent, et la négligence.

-Rends-la moi, rends-la moi...

Ce n'était plus que les suppliques d'un condamné, les larmes d'un prisonnier. Retenu par une force dont il ne pouvait soupçonnait la puissance, il ne pouvait se jeter dans la mer comme si le passage lui était interdit, à lui cruel spectateur impuissant. Il releva la tête comme mu par un vent inconscient. C'est à ce moment là que l'eau sous la main de Danele explosa. Le choc le projeta en arrière. Lentement, un corps se découvrait entre les gerbes d'eau. D'une blancheur spectaculaire, courbé comme s'il avait été poignardé par une longue lance, il s'élevait dans l'air porté par les vagues qui continuaient de croître anormalement vers le ciel.

Le savais-tu Ismaël ? La signification de son prénom ? L'as-tu déjà ne serait-ce que soupçonné ? Cet artifice.
Alors regarde-le maintenant, imploser sous tes yeux, regarde-le s'animer de démence et n'espère même pas t'en sortir vivant.
Ceci est mon offrande, ceci est ma révérence mais jamais, non jamais, mon pardon.


Ismaël rampait à genoux sous cette torture chaotique. Il hurlait mais qui l'entendait encore ? Qui avait déjà écouté une seule fois ce c½ur pleurer ? Et pourtant, il ne quittait pas des yeux la dépouille opaline de ce qu'il lui restait de sa vie. Mais déjà les vagues envoyaient valser le corps. Et l'âme. L'âme était perdue.
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# Posté le mercredi 15 juillet 2009 18:23

[34] Goodnight and go

  Goodnight and go
Art' a peur. La nuit elle redoute un naufrage qu'elle orchestre elle même de ses blanches mains. Le jour elle craint de ne pas être à la hauteur. Elle se rend compte que désormais, deux êtres qui lui sont chers reposent sur elle. Ce n'est pas vraiment ce qui la dérange, ce besoin. C'est elle qui est allée les chercher après tout. Seulement voilà, elle se rend compte que ce convoi est tout de même un peu lourd à porter par moment. L'un la dirige vers la mer, l'autre vers la terre. Qui croire, qui aimer ? A qui donner l'absolution d'un pêché qui ne se serait engendré sans elle ? Art' a peur. Peur du propre tiraillement de son âme. Et sur son aquarelle, il n'y a plus de couleurs.
Le jour elle offre son âme et la nuit son corps, ou le contraire elle ne sait plus très bien. Alors un jour tout se mélange : Art' est restée bien trop longtemps dans les bras d'Ismaël et quand il tourna le dos, lui offrant sa vulnérabilité la plus extrême, elle s'est enfui vers la plage malgré sa promesse. La nuit est tombée depuis un bon moment, il fait sombre et elle s'égare entre les chemins qui semblent se mouvoir étrangement sous ses pieds comme pour l'empêcher d'avancer.
Mais Art' est perdue et c'est ce qui l'amène justement à la Chaussée des Pierres Noires.
D'en haut, elle voit à peine la mer éclairée faiblement par la lune, c'est autre chose qui l'épouvante : un cri. Un cri déchirant et lacérant l'obscurité, un cri qui ne lui semble pas du tout humain mais qui semble pourtant provenir de cette silhouette qu'elle aperçoit, debout, les bras écartés face à la mer.

-Danele.

Un murmure, un abandon. Puis, sans autre minute à perdre, elle se met à courir vers celle qu'elle avait laissée seule au milieu ce désert. A sa hauteur, plus aucun doute, c'est bien elle qui crie, mais ce cri en est d'autant moins humain. Les traits de la jeune fille sont abominablement tirés sur son visage, ses yeux sont presque prêts à sortir de leur orbite.
Art' a peur. Elle se jette sur Danele, mais son corps est dur sous les spasmes qui la parcourent, il n'y a plus rien à quoi se raccrocher et déjà Art' est à ses pieds. Danele, elle, ne lui livre aucune réaction et continue à hurler face à –contre- la mer. Art' se retourne alors vers cette dernière. Elle ne l'avait pas remarqué mais les vagues se gonflent et se fracassent de plus en plus fort et de plus en plus près d'elles.

-Danele.

Une supplique, une objection. Art' a peur de ce soulèvement de l'océan dont son amie provoque l'apogée. Et alors qu'elle avait perdu toute conscience du temps et des alentours, tant elle semblait hypnotisée par l'écume rageuse qui l'approchait, Art' ne se rendit pas compte que le cri avait cessé et que Danele lui tenait les épaules comme si dès le début, les convulsions ne sillonnaient que son corps.
Dans un silence effrayant, elle lui glisse à l'oreille :

-Ca va aller. Tout ira bien.

A ses pieds, l'eau s'élève lentement sur son corps, dépouille à sacrifier.
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# Posté le lundi 23 mars 2009 17:40

[33] The cape of storms

 The cape of storms
Pour chaque jour correspondait une aquarelle. Il y avait dans les habitudes quelque chose de rassurant. On dit toujours que, quand on s'en va, il faut laisser quelque chose derrière soi pour avoir l'excuse de revenir. Chaque soir, Art' laissait à Danele ses toiles et chaque soir Danele les offrait à la mer.
Le jour pour oublier que le vent avait disparu de la fragrance de ses cheveux, Art' posait son chevalet et se mettait à peindre. Mais bien qu'elle était en face d'elle, ce n'était jamais la mer. Aujourd'hui un champ de jonquilles jaunes.

- Pourquoi tu ne peints pas la mer ?
- Je la peins.
- Dans un champ de jonquilles ?
- Je peins toutes les histoires qu'elle me raconte. A la fin, je découvrirais peut-être la sienne.
- ...
- Parce que c'est ce que tu veux, non ? Son histoire, sa vie. Quand tu te plains que d'autres veulent la tienne.

*

Chaque jour, Art' racontait une nouvelle histoire à Danele mais ça ne lui faisait jamais oublier que dès qu'elle la quittait, elle donnait le souffle du vent du Nord à Ismaël. Danele ne pouvait tout simplement pas oublier. Ni la présence de la mer à ses côtés, ni l'ombre d'Ismaël planant au dessus de la falaise. Alors elle se perdait, une fois de plus, mais pour une fois dans d'autres pas que les siens.

- Tu peins qui aujourd'hui ?
- Gabrielle.
- Qu'est ce qu'elle fait Gabrielle ?
- Elle croque les gens et elle tape dans les murs.
- Pourquoi elle tape dans les murs ?
- Parce qu'elle est folle .
- Et alors ?
- Là-bas ils disent que c'est une raison suffisante.
- ...
- ...
- Et pourquoi elle croque les gens ?
- Pour raconter leurs histoires.
- Comme toi alors.
- Non.
- Ben tu fais quoi, toi, quand tu peins alors ?
- Je les sublime.

Et Danele, comme toujours imposait ce silence à l'océan. Elle aurait aimé, elle aussi, avoir le droit de récupérer son souffle dans les cheveux de son amie mais elle savait qu'il ne lui pardonnerait jamais cette imprudence. Alors elle aimerait pouvoir se dire que les habitudes ont quelque chose de rassurant. Pourtant celles-ci ne l'amènent jamais à laisser quelque chose derrière elle, mais plutôt à le perdre. Et perdre avec, tout repos sur cette plage de cendres.

# Posté le lundi 20 octobre 2008 18:43